La doucette du potager


Jardin, Nature / mercredi, juin 15th, 2016

Dans la mesure où le sol a été préparé qu printemps par un apport d’engrais organique, la fertilisation est inutile jusqu’à la récolte. Par contre, biner et sarcler régulièrement pour conserver sa souplesse à la terre et veiller aux arrosages. En début d’hiver, à l’approche des fortes gelées protéger par un paillage, un tunnel plastique, un voile d’hivernage ou un châssis. Les récoltes se font de novembre au mois de mars suivant en coupant les rosettes au ras. La mâche se consomme crue, en salade mais aussi cuite à la manière de l’épinard.

Les bonnes variétés

Les meilleures variétés de mâche du 19 ème siècle sont toujours présentes elles sont complétées par des améliorations et des nouvelles obtentions.

Verte de Cambrai

Une ancienne variété résistante au froid, aux larges feuilles bien vertes. Elle donne de belles rosettes volumineuse, épaisses, d’un beau vert brillant et de très bonne saveur. On peu la compléter par la race Cavallo, de croissance rapide, aux grandes feuilles dressées, résistante à la pourriture.

Verte à coeur plein

Rosettes trapues et compactes, aux feuilles dressées, courtes et arrondies, fermes et goûteuses, qui supportent les manipulations.

A grosse graine

Ou ‘Mâche de Hollande’, très vigoureuse. Ses feuilles sont plus larges que la moyenne des autres mâches, et tendres. Conseillée pour les semis précoces. Elle est de plus en plus remplacée par ‘Pulsar’, une amélioration aux grandes feuilles très épaisses d’un vert soutenu. Belle présentation et bon rendement, bonne résistance au froid et conseillée pour les semis précoces et tardifs.

Coquille de Louviers

Ou ‘Mâche de Louviers’ est peu rustique mais très hâtive. Reconnaissable entre toutes par ses feuilles en spatules, à la marge recourbée en cuillère. Elles sont d’un beau vert clair luisant. Bonne résistance au froid.

D’Italie à feuille de laitue

Un peu sensible au froid, comme les autres mâches d’Italie, et destinée au Midi. Feuilles d’un beau vert blond, courtes et très larges. Elles sont duveteuses et deviennent un peu rêches avec la chaleur ou le manque d’eau, ce qui peut déplaire à certains palais délicats. Très productive et adaptée à la chaleur, elle monte à graines 10 à 15 jours plus tard que les autres mâches.

Palace

Belles rosettes denses de feuilles rondes d’un beau vert foncé. Elle es assez souple de culture, on peut la semer une grande partie de l’année de février à octobre. Pousse rapidement, elle est productive, supporte le froid et elle est lente à monter à graines.

Mâche des quatre saisons

Dans les régions pas trop froides on peut la récolter presque toute l’année en la semant en plein air et sous abri léger. Rosettes compactes, vert foncé, aux feuilles lisses.

Les conseils du jardinier averti

Un gramme de semences contient 300 à 600 graines pour les variétés à grosses graines qu’on peut pratiquement semer une par une, et 700 à 1000 pour les mâches à petites graines qu’il faut semer au semoir à main. Le rendement est compris entre 300 et 500 g au m2. Echelonner les semis tous les 20 jours pour étaler les récoltes.
Rotation des cultures : attendre 2 à 3 ans pour cultiver de nouveau cette salade peu épuisante pour le sol.

Maladies, ravageurs et traitements

La fonte des semis

Elle se manifeste dans les sols lourds, trop arrosés, dans les semis trop serrés. Rien à faire sinon a renouveler le semis en changeant d’endroit, bien sûr.

L’Oïdium

Il s’en donne à cœur joie en période chaude et humide, d’autant plus qu’on arrose les feuilles, c’est le réflexe en matière de salade. Pourtant avec un peu de patience et d’attention on peut arroser à la raie, au pied des touffes, d’où l’intérêt de semer la mâche en ligne plutôt qu’en carré. Pour les grosses attaques ou la culture en carré reste les pulvérisations de soufre.

La rouille

Semis trop dense, excès d’humidité et voici les taches caractéristiques de la rouille sur le feuillage, brunes et en relief. Eclaircir les semis, biner pour aérer la terre et supprimer les pieds atteints avant la propagation.

Faire ses graines

Laisser en terre quelques pieds. En juin, avant la complète maturité des graines, lorsque les plantes jaunissent, les arracher et les suspendre dans un endroit aéré et à l’ombre, elles finiront de mûrir et tomberont d’elles-mêmes sur le grand linge étalé au sol qu’on aura placé. Les semences se conservent 5 ans dans de bonnes conditions. Eviter de semer les graines de l’année précédente, elles lèvent moins bien que les graines âgées de deux ans et plus.

On en perd son patois

Les mâches sauvages sont également appréciées pour leur saveur plus appuyée. Depuis des temps immémoriaux elles remplissent les paniers des cueilleurs de salades des champs. On ne sera pas surpris de les voir baptisées d’un grand nombre de noms vernaculaires : salade de chanoine, barbe de chanoine, chuquette, orillette, lanchette, accroupie, pommette, poule grasse, boursette, bouche, clairette, coquille, galinette, grasse, herbe douce, doucette, laitue d’agneau, laitue des brebis, oreille de lièvre, salade de blé, rampon, …

Le plaisir du potager familial

Tout était dit il y a plus de 200 ans en matière de mâche. Le seul grand évènement dans les potagers fut l’arrivée des variétés à grosses graines aux feuilles plus grandes. Il fallut attendre les années 1980 pour que la sélection reparte, à la demande de la filière industrielle demandeuse de variétés faciles à transporter, à manipuler, à stocker, les fameuses mâches des sachets. Le grand plaisir du potager est de pouvoir s’affranchir de ces contraintes et de cultiver les bonnes variétés, même les plus fragiles. Cultivez « l’authentique » du potager à l’essoreuse à salade le chemin est court.

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